Les investissements France-Chine en 2018 : Un nouvel élan est « en marche »

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Écrit par : Vincent Bonhaume et Thibaut Minot

L’année 2018 a débutée en grande pompe pour les relations économiques entre la France et la Chine, et la visite du Président Français Emmanuel Macron en Chine du 8 au 10 Janvier restera certainement un des événements diplomatiques majeurs de cette année. Le déplacement du président a eu pour but de renforcer la confiance et la coopération économique entre les deux pays, avec le projet ambitieux pour la délégation française d’un rééquilibrage de la balance commerciale qui penche à l’heure actuelle clairement du côté chinois.

Le marché chinois, le premier du monde pour un grand nombre de produits et services, attire la convoitise de nombreuses multinationales alors même que l’accès au marché demeure compliqué pour les entreprises étrangères. Emmanuel Macron a profité de sa visite pour le rappeler, encourageant les entreprises françaises à venir vendre en Chine tout en plaidant pour des conditions de concurrence plus équitables sur ce marché.

En outre, le déplacement en Chine de Macron s’est soldé par d’importantes signatures de contrats pour de grands groupes français comme Airbus et Areva, ainsi que de nouveaux partenariats dans les domaines de la culture et de l’art. Ce type de résultats concrets témoigne de l’ambition de Macron de mieux tirer parti des relations franco-chinoises en adoptant une approche diplomatique plus pragmatique et focalisée sur les affaires, et sa volonté de relancer l’export français via ce partenaire stratégique.

Plus de réciprocité dans les échanges en 2017

La Chine, qui poursuit sa quête inéluctable vers le statut de première puissance mondiale, est à présent un marché d’export majeur pour un grand nombre de nations à travers le monde. A l’heure actuelle, les échanges commerciaux entre la France et la Chine restent mesurés, la Chine occupant une part de 7,5% dans la valeur du commerce extérieur français avec un total de 75,3 milliards d’euros d’échanges bilatéraux entre Décembre 2016 et Novembre 2017.  Alors que la Chine est le deuxième plus gros fournisseur de la France après l’Allemagne, elle n’est que le septième marché pour les exports français.

Les douanes françaises estiment qu’entre Décembre 2016 et Novembre 2017, la France a exportée 25,5 milliards d’euros de biens vers la Chine et a importée 49,8 milliards d’euros de produits chinois sur son territoire. Il en résulte côté français un solde négatif sur la période de -24,3 milliards d’euros, bien que l’écart ait diminué l’année passée alors que le déficit commercial s’élevait à 28,6 milliards d’euros en 2016. Par ailleurs, l’augmentation de la valeur des exportations françaises vers la Chine (+4 milliards d’euros) et des importations de produits chinois en France (+2,7 milliards d’euros d’imports) sur les 12 derniers mois indiquent un accroissement encourageant des échanges commerciaux entre les deux pays.

Le portfolio des industries françaises affichant un bilan positif en Chine en 2017 reste relativement comparable aux années précédentes. Les produits de la construction aéronautique et spatiale (34% de la valeur des exportations de la France vers la Chine), les boissons (6,9%), les machines et équipements d’usage général (6,2%), et les produits pharmaceutiques (5,6%), pour ne citer qu’eux, bénéficient toujours d’un climat favorable dans les exportations vers la Chine. Côté importations, la France conserve son appétit pour les articles d’habillement (12,4% de la valeur des importations), les équipements de communication (12,3%), les ordinateurs et équipements périphériques (10,6%), et le matériel électrique (7,1%) en provenance de la Chine.

La Chine est un marché non négligeable pour les entreprises françaises, comme en témoignent les 6 milliards d’euros de stocks d’IDE français en chine en 2016. D’ailleurs, plusieurs industries françaises enregistrent des augmentations de chiffre d’affaire par les exportations vers la Chine, comme le domaine du luxe, de l’agroalimentaire, des très hautes technologies ou encore de l’art. Les groupes français ont réalisé près de 74 milliards d’euros de chiffre d’affaire en Chine en 2015, et plus de 1600 entreprises y étaient implantées la même année. En France, ce ne sont pas moins de 700 filiales d’entreprises chinoises et hong-kongaises qui sont établies, employant environ 45 000 personnes.

Alors que de nombreuses sociétés françaises continuent de bien vendre en Chine via des magasins « de brique et de mortier », une tendance s’est confirmée en 2017 ; une stratégie de vente sur Internet est désormais essentielle dans de nombreuses industries, et notamment pour la vente de produits de consommation. Les ventes sur Internet continuent de grimper en flèche, les grandes enseignes s’empressant de commercer via les principales plateformes d’e-commerce telles que Tmall et JD.com. Les sociétés françaises ne sont pas en reste, notamment dans les industries de la cosmétique, des produits de luxe et de l’agroalimentaire, et de nombreux groupes de l‘hexagone passent d’importants contrats avec ces dernières. D’ailleurs, Business France et JD.com ont signé un accord le 9 Janvier portant sur la vente de 2 milliards d’euros de produits français sur la plateforme chinoise d’ici deux ans. Pour les PME françaises, le modèle de l’e-commerce transfrontalier, permettant de vendre aux consommateurs chinois sur Internet sans nécessairement établir une filiale de leur société en Chine, offre de nouvelles opportunités d’entrée sur le marché chinois à bas coûts et à un niveau de risque inferieur.

Perspectives pour 2018

L’élection en Mai 2017 d’un président de la République favorable au libre-échange a amorcée en France un programme de réformes visant à renforcer la compétitivité du pays à l’international. Dans cette lignée, Macron et son gouvernement comptent raviver l’attrait de la France dans le monde, et le fait que la Chine a été le premier choix de visite pour cette année 2018 n’est aucunement un hasard. La venue du président français, considérée comme un succès par un grand nombre d’observateurs, a vraisemblablement lancée une dynamique positive dans les relations économiques entre les deux pays en 2018.

Le secteur agroalimentaire français continuera de bien se porter en Chine cette année, avec notamment l’ouverture officielle du marché au bœuf français, verrouillé depuis de nombreuses années. Ce même secteur a bénéficié d’un soutien important en ce début d’année avec la visite en Chine du ministre de l’agriculture Stéphane Travert, qui soutient la filière bovine, porcine et de volaille. A noter une ambition d’encourager l’exportation des parties animales peu consommées en Europe mais très populaires en Chine, comme les pieds de porc et les pattes de poulet.

Sur un autre registre, l’exportation de services français en Chine continue de s’accroitre, comme le prouve par exemple la réussite du groupe Orpéa avec le lancement de nombreuses maisons de retraites en Chine continentale récemment. Le domaine de la culture et de l’art contemporain, lui aussi, est en croissance et bénéficie de nombreux accords de coopération et d’échange entre les deux pays.

Enfin, il n’est pas négligeable de commenter la continuité de l’application de l’Accord de Paris sur le climat. En effet, la lutte contre le changement climatique offre de nombreuses opportunités aux entrepreneurs français, dans des domaines comme l’énergie, le traitement des déchets et l’urbanisme, entre autres. Le nucléaire, dont le développement aux côtés des énergies renouvelables est vu d’un bon œil en France comme en Chine, est une industrie française particulièrement porteuse en Chine. L’accord-cadre AREVA-CNNC datant de Février 2017, et la mise en service industrielle dans ce contexte du 1er réacteur EPR à Taishan prévue pour février 2018, en est un bon exemple.

Les différents contrats signés pendant ces visites bénéficieront majoritairement aux grands groupes français, bien que des discutions ont eu lieues pendant la visite de la délégation française à Pékin portant notamment sur un fond d’investissement de 1 milliard d’euros pour investir dans les PME franco-chinoises, bien que peu de détails ont été annoncés sur ce projet au moment de l’écriture de cet article.

Ce type d’accords présage une période positive pour les échanges commerciaux entre la France et la Chine en 2018. L’avenir dira si la plus grande réciprocité demandée par Macron lors de son séjour en Chine se concrétisera et renforcera encore la quantité et qualité des échanges bilatéraux entre les deux nations.

 

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